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Médaille de 1909

Il s'agit de la plus ancienne médaille  en argent obtenue par une femelle épagneul breton dans une exposition canine. Archives famille Enaud.

médaille 1909

Médaille 1913

Exposition de Nantes 1913, la médaille obtenue par Maïtre Arthur Enaud avec son épagneul breton Pursat.

expo Nantes 1913

Arthur Enaud

Du « courton » au « breton », la saga d'un "tout bon" !


En août 2007, à Loudéac, le Club de l'Epagneul Breton a célébré avec éclat le centenaire de sa création et de la rédaction du premier standard de « l'épagneul breton à courte queue naturelle. » le 3 septembre 1907. L'occasion de se pencher, une fois de plus, sur les origines de la saga de l'épagneul breton.

Nous n'évoquerons pas ici les traditionnelles références aux chiens d'Oysel tant elles sont connues de tous, ni les mentions des nombreux tableaux ou tapisseries exposés dans des musées européens sur lesquels sont représentés des sujets ayant une construction incontestablement voisine de celle d'un épagneul bréviligne.

A la fin du XIX ème siècle, des auteurs dont la réputation de compétence est indiscutable, tels Stonehenge ou Hamilton, ne mentionnent pas l'épagneul de Bretagne dans leurs écrits, mais, dans l'ouvrage qu'ils publient aux éditions « de Rothschild » précisent à propos de l'épagneul français : « Par suite de croisements avec d'autres races, l'Epagneul a donné naissance à de nombreuses variétés, dont les caractères sont trop peu fixes pour pouvoir être décrits. »
Pourtant, plusieurs décennies auparavant, un écrivain anglais, le Révérend E.W. Davies ayant séjourné durant de longs mois à Carhaix  (au coeur du massif armoricain) et ayant parcouru les montagnes noires de la « Basse Bretagne » mentionne la présence et l'utilisation répandue dans cette contrée d'un « Pointer Breton » dont il salue l'efficacité et le courage et il poursuit : [Une qualité supérieure chez les pointers bretons, c'est leur manière d'aller aux fourrés les plus épais et d'y travailler des oiseaux, comme un fox-hound travaille un renard..... ][...le braconnier qui gagne sa vie par la chasse sept jours de la semaine et tirant partout , dresse pour son usage personnel un pointer bien supérieur, à beaucoup de points de vue, aux chiens parfaitement entraînés que l'on rencontre dans nos champs de navets ou dans les moors à grouse....] Il est très probable que le chien ainsi évoqué soit l'ancêtre de l'épagneul breton, et même mieux, l'épagneul breton lui même dont déjà, à l'époque, on écourtait le fouet pour éviter les blessures dans les ajoncs à la recherche de la bécasse.
Au début du XXème siècle, un militaire, le vétérinaire major P. Grand-Chavin, en garnison en Bretagne, témoigne de la présence courante de petits épagneuls « presque tous à queue courte » et la description qu'il en fait dans une étude est celle qu'on pourrait faire aussi de nos jours : queue courte de 0,10m à 0,15m; poitrine très vaste, rein large et court, arrière main massive, aspect général trapu, râblé, solide, physionomie éveillée, allure délurée, bonne expression dans le regard, air intelligent, très chasseur, intrépide au fourré, bon arrêt et.... poursuite du lièvre ! Pour la robe, il cite toutes les couleurs acceptée aujourd'hui mais dont certaines, telle la robe blanc et noir, seront refusées dans le premier standard, sous l'influence des représentants de l'épagneul français pour qui un épagneul est obligatoirement blanc et marron.


Il est donc avéré que cet épagneul, parfois appelé « courton », faisait au XIX ème siècle, le bonheur des paysans et braconniers du centre de la Bretagne, région tenue à l'écart des grands axes de communications, y compris ferroviaires. Sa structure en avait été modelée par le pays dans lequel il vivait depuis des lustres : il était plus petit que les setters, pointers et épagneuls français, rustique, court de rein, robuste et courageux, toutes qualités éminentes exigées d'un chien de chasse pour les gens modestes qui recherchent l'efficacité sur le gibier avant toute chose. Evidemment, le type n'en était pas totalement fixé et des variantes coexistaient ça et là, comme l'explique bien Oberthur.
L'efficacité de ces chiens amena tout naturellement des couches plus aisées de la population à s'y intéresser. On cite souvent la famille du Pontavice, mais il y en eut également d'autres : de Cambourg, un des pionniers de la race, de Boisriou, de Bernardières, de Riverieulx, de Kermadec, éminent cynophile, Enaud, le fondateur du C.E.B.C.Q.N., de Pelet, premier président du Club, Patin, Treuttel, Lessard, etc. tous passionnés et désirant promouvoir à l'extérieur de la Bretagne cette race originale quant à sa structure et ses qualités physiques et mentales.
La création de la Société Centrale Canine et celle du Livre des Origines françaises en 1881 allaient donner une impulsion nouvelle à l'essor des races canines en France et l'épagneul breton allait alors pointer le bout de sa truffe pour entrer dans la famille des races de chiens d'arrêt « standardisées ».
C'est en 1896 qu'un épagneul joliment nommé «Pinçon Royal » est présenté à l'exposition de Paris dans la catégorie fourre-tout des « épagneuls de races diverses » et bien que son propriétaire le vicomte de Cambourg le trouve fort bien fait, il ne reçoit aucun prix. Qui, à Paris pouvait bien connaître cet épagneul de « race diverse » alors que seuls les « français » étaient reconnus comme une race ?
Ce semi échec ne va pas rebuter les éleveurs qui continuent à présenter. En 1904 Max de Callac à M. Patin sera le premier à recevoir une « mention très honorable ». Les années suivantes voient ces épagneuls « divers » arriver de plus en plus nombreux sur les rings à Paris et ailleurs. Il ne sont que l'avant garde d'une masse plus nombreuse chassant toute l'année dans le bocage. C'est ainsi qu'à Toulouse, avant même la création officielle de la race, une classe spéciale « épagneul breton » est créée pendant l'exposition de 1906. Il en sera de même à Paris en 1907, quelques mois avant la création du Club.


Il faut se rendre à l'évidence : l'épagneul breton sort de son Argoat et des Monts Noirs et part déjà à la conquête d'autres contrées ! Un projet de standard sera établi à Loudéac le 3 septembre 1907 en même temps que se crée le club de la race, à l'instigation d'Arthur Enaud, grand amateur de tous les élevages, y compris équins. Ce standard reprend les caractères existants dans le cheptel : cob plein de sang au crâne arrondi, oreille plutôt courte aux environs de 0,50m.
Le premier sujet à être inscrit, Boy, un blanc et orange, est d'ailleurs né quelques années avant la définition du standard et l'officialisation de la race. Très vite, beaucoup d'autres suivent, car le potentiel existe et ne demande qu'à sortir au grand jour, la consultation du Livre des Origines le prouve.
2007 n'a pas été, pour les amoureux de cette race, l'année du centenaire de sa « création », mais plutôt celle de son entrée dans le grand monde de la cynophilie. L'anniversaire de la régularisation d'un « sans-papiers » en quelque sorte !


Descendant de chiens de braconniers et de paysans, élevé dans la pauvreté, sélectionné sur ses qualités de chasseur polyvalent, sur la compacité de sa construction, sur la robustesse de sa santé, l'épagneul breton fait maintenant partie du patrimoine français. Ayant su s'adapter à tous les environnements, à tous les climats, ayant traversé toutes les décennies du XX° siècle sans jamais être à la mode, l'épagneul breton reste la valeur de référence des chiens d'arrêt continentaux, pour le plus grand bénéfice des chasseurs en France et dans le monde.

Christian Gunther
Président du Club de l'Epagneul Breton
Bibliographie ancienne :
R. Munsch, 1937 : L'Epagneul breton, éditions de l'Eleveur
R. de Kermadec, L'Epagneul Breton, éditions Sport Canin
R. de Kermadec, 1949, Le Chien d'Arrêt, éditions Flammarion
M. Lessard, 1952, L'Epagneul Breton, éditions Crépin-Leblond

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